Boris Svartzman

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Table Rase / A Swept of the Past / Un borrón del pasado / 古老的打扫

Photographies projetées au 18ème Festival international de photojournalisme "Visa pour l'image", Perpignan, 2006

 

La destruction des quartiers traditionnels en Chine s'est fortement intensifiée depuis une quinzaine d'années. À la place, de nouveaux complexes résidentiels sont édifiés en masse à tel point que toutes les villes commencent à se ressembler.
Quand un promoteur immobilier veut construire sur un terrain, il doit en obtenir l'autorisation auprès des autorités. Ensuite, une entreprise de délogement est engagée pour s'occuper de l'évacuation de la population et de la destruction des maisons. En général, les habitants apprennent que leur quartier sera détruit dans les deux prochains mois quand le caractère « chai », signifiant « détruire, destruction » est affiché sur les murs des maisons. Seuls les propriétaires peuvent être compensés, souvent au quart du prix du marché. Il est fréquent que des habitants résistent, tentant de négocier une meilleure compensation, mais les entreprises de démolition étant payées pour faire évacuer le terrain le plus vite possible n'hésitent pas à recourir à tous types de pressions pour dissuader les habitants de négocier. Par ailleurs, les autorisations étant souvent allouées contre malversations, les plaintes en justice sont déboutées.

 

Face à l'absence de reconnaissance de leurs revendications, les délogés maltraités - qui sans même le savoir, s'opposent au pouvoir en refusant la destruction de leurs maisons - sont astreints à résister passivement. Ainsi, un peu partout en Chine, des familles refusent de quitter leurs maisons, même à moitié détruites, dans l'espoir d'obtenir des compensations proportionnelles à la perte de leur logement. Les négociations se font au niveau local, directement avec l'entreprise de démolition, sans intervention possible d'une partie tierce et neutre. Coupures de courant en hiver, tapage nocturne, vols, jets d'excréments, coups et blessures, etc. sont le lot commun de ces habitants. Les médias chinois n'osent pas dénoncer cette situation. Les habitants résistants vivent isolés et la voie est ouverte à la violence. C'est paradoxalement à ce prix que d'autres chinois accèdent à la propriété privée. Ces images témoignent de cet instant entre passé et futur, d'étouffement et de disparition de tout un mode de vie traditionnel. Instant sur lequel se construit la nouvelle nation chinoise qui fait table rase de son passé.

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The dismantling of traditional Chinese neighbourhoods has strongly intensified in the last fifteen yeras. Many apartments buildings have replaced them and there have been so much construction that all the cities now seem to look alike.
When a real estate developer wants to built on a property, first he needs to get an authorization by the authorities. Then, a company is hired and is in charge of the expulsion of the people and the dismantling of the houses. Generally the people are told that their neighbourhood will be dismantled in the next two months when the letters « chai » meaning « dismantle, dismantling » is displayed on the walls of the houses. The owners are the only ones to get a compensation which is usually a quarter of the price of the real estate market. It happens often that the people resist as they are trying to negociate a better compensation but the demolition companies as they are paid to evacuate the property a soon as possible do not hesitate to use all type of pressure to dissuade the people from negociating. In addition, the authorization are alloted if embezzlment and the complaints are nonsuited.

As their claims are not acknowledged, the expelled people are mistreated and are compelled to resist in a passive way. Thus, in all over China, families refuse to leave their half-destroyed home hoping that they will have a compensation proportional to the loss of their home. Everything is negociated on a local scale directly with the demolition company without any possible interference by a third party. Electric disconnection in the winter, night rowdiness, thefts, dejection droppings, assault and battery… makes the daily life of the tenants. As the Chinese media have no juridical acknowlegement, they are unable to denunciate this situation in which the people that resist are alone and in which the way is opened for violence. That’s paradoxically what it costs to have access to private ownership. Those photographs attests this intervening period between the past and the futur and the suffocation and the disappearing of all traditional ways of life where the street used to be a public place.
Intervening period in which the new Chinese nation is erected and makes a clean sweep of its past.

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 La destrucción de los barrios tradicionales en China se intensificó en los últimos quince años. En su lugar, se construyen masivamente nuevos complejos residenciales, a tal punto que todas las ciudades terminan por parecerse.
Cuando un promotor inmobiliario quiere construir en un terreno, tiene que obtener la autorización de las autoridades locales. Luego, una empresa de desalojo se hace cargo de evacuar a los habitantes y de destruir las casas. Por lo general, los habitantes se enteran de la inminente destrucción de su barrio a penas   dos meses antes del inicio de las obras, cuando el carácter « chai », que significa destruir o destrucción, aparece sobre sus casas. Sólo los propietarios obtienen una compensación, de alrededor de 1/4 del precio del mercado. A menudo los habitantes resisten, o intentan negociar una compensación mayor, pero las empresas están pagadas para evacuar el terreno lo antes posible y no vacilan en recurrir a todo tipo de presión para lograr sus objetivos. Además, como las autorizaciones de demolición suelen  obtenerse con sobornos, las denuncias judiciales son casi siempre rechazadas.

Ante la falta de reconocimiento de sus derechos, los desalojados se ven limitados a resistir pasivamente. En todas las ciudades chinas, hay familias que se aferran a sus viviendas, aunque estén a medio destruir, con la esperanza de obtener compensaciones mayores. Las negociaciones se llevan a cabo  directamente con la empresa de demolición, sin intervención posible de una tercera parte neutral. Por eso, como forma de presión se mutliplican los cortes de electricidad, los ruidos nocturnos, los robos, los lanzamientos de excrementos, los golpes y las agresiones contra los habitantes. Los medios de comunicación chinos se atreven a denunciar esa situación. Paradójicamente, esa situación permite a otros chinos acceder a la propiedad privada.
Estas imágenes son el testimonio de esa transición entre pasado y futuro, de asfixia y desaparición de un modo de vida tradicional. Un momento en el cual se construye la nueva nación China, que hace borrón y cuenta nueva de su pasado.

 

 

 

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